L’Estonie, un bon exemple pour concrétiser le Bénin Numérique

Publier le: 2018-12-13

L’ambition du Bénin dans le domaine du numérique est grande. A ce titre, le gouvernement s’est lancé dans un partenariat avec l’Estonie, pionnier dans l’e-service. La Présidente Kersti Kaljulaid a exposé le cheminement suivi par son pays pour parvenir à ce résultat impressionnant lors d’un panel organisé au cours de sa visite officielle au Bénin le mercredi 5 décembre 2018 à Cotonou.

« Le numérique dans le développement d’une nation », c’est le thème qui a meublé le panel animé par la présidente de l’Estonie, Kersti Kaljulaid et les membres du gouvernement à Sèmè City. Un exercice qui a permis à l’hôte du Bénin d’expliquer les prouesses dans le domaine du numérique en Estonie, un pays hautement développé en e-service avec 100% des écoles et l’administration connectées à l’internet et les transactions bancaires qui se font en ligne. Elle indique que beaucoup de secteurs ont connu une évolution significative avec le numérique qui représente 5% du Pib en Estonie. C’est donc pour elle une satisfaction de savoir déjà que le Bénin développe des stratégies pour réaliser son ambition d’être le carrefour du numérique d’ici quelques années.

Le ministre du Plan et du Développement va indiquer combien le numérique est important pour le Bénin et pourquoi le gouvernement s’évertue à le mettre au cœur des activités. Le ministre Abdoulaye Bio Tchané fait savoir que le Bénin est un pays dont l’économie est très ouverte et bien structurée avec 22% du Pib qui vient du secteur primaire, 22% qui vient du secteur secondaire et 54% qui provient des services. Des statistiques qui démontrent que le Bénin a effectivement besoin du numérique pour dynamiser les services. Abdoulaye Bio Tchané laisse entendre que le Bénin mise principalement sur quatre domaines majeurs: l’agriculture, le tourisme, l’économie du savoir et surtout l’économie numérique pour sa transformation. « L’économie numérique est l’une de nos priorités sectorielles mais en même temps, une priorité qui est transversale », précise-t-il avant d’ajouter que le gouvernement envisage de se servir de l’économie numérique pour booster les autres secteurs de développement.

A sa suite, la ministre de l’Economie numérique et de la Communication va affirmer que le Bénin connaît actuellement une profonde transformation numérique qui mérite l’accompagnement de tous. Pour elle, le numérique est un véritable outil d’inclusion sociale et de relance de l’économie. Elle souligne à cet effet que l’engagement politique est important de même que l’adhésion des populations et la prise de conscience. Dans ce partenariat naissant avec l’Estonie, Adam Soulé Zoumarou laisse entendre qu’un petit parcours a été déjà fait avec la visite du chef de l’Etat en décembre 2016 qui a abouti à un mémorandum d’entente dans le domaine de l’économie numérique et plusieurs d’autres visites de délégations estoniennes au Bénin et des autorités béninoises en Estonie pour circonscrire les domaines d’intervention.

Deux accords de partenariat ont été signés entre le gouvernement et l’E-Governance academy foundation. Le premier est relatif au partenariat stratégique dans le domaine de l’e-gouvernance et de la cybersécurité et le second sur la coopération technique en matière d’e-gouvernance au profit des fonctionnaires publics.

Efforts du Bénin dans le domaine de l'économie numérique: La présidente de l'Estonie impressionnée En visite officielle au Bénin du mardi 04 au jeudi 06 décembre 2018, la présidente de l'Estonie, Kersti Kaljulaid, était dans les locaux du Tech-hub EtriLabs le mercredi 5 décembre. Une sortie qui lui a permis d'avoir une idée sur les avancées du Bénin en matière d'économie numérique.

« C'est impressionnant ce que font ces jeunes », fait savoir la présidente Kersti Kaljulaid à la fin de sa visite dans les locaux de EtriLabs, un Tech-hub fondé par Sénam Béhéton qui s'investit dans les Nouvelles technologiques de l’information et de la communication et plus précisément le marketing digital, la programmation web et le web design.
Cet incubateur de start-up s'intéresse aussi au savoir et l'innovation à travers divers programmes qui leur permettent de former les entrepreneurs et les accompagner à accélérer leur croissance.
Kersti Kaljulaid s'est dit surprise des efforts du Bénin dans le domaine du numérique qu'elle a constatés à travers les activités de EtriLabs. Elle confie que ce qu'elle a vu au Bénin est exactement ce qu'a fait son pays il y a environ 15 ans pour devenir aujourd'hui l'un des pays incontournables dans l’e-service dans le monde. Ce qui démontre à suffisance que le Bénin est sur la bonne voie dans son ambition de se développer via le numérique. Une appréciation qui conforte la ministre de l'Economie numérique et de la Communication en ce sens que le Bénin comme l'Estonie il y a une dizaine d'années, est en train d'arriver à cette économie numérique recherchée.

« Aujourd'hui, les entreprises estoniennes qui sont intéressées par ce qui se fait au Bénin peuvent venir apporter leur expertise et se mettre en collaboration avec ces start-up, et c'est notre vœu», indique Aurelie Adam Soulé Zoumarou. Ayéfemi Faozane Oro de EtriLabs trouve que c'est un bon partenariat que le Bénin est en train de tisser avec l'Estonie qui est le pays le plus e-connecté au monde aujourd'hui avec une carte d'identité électronique, des ordonnances électroniques et beaucoup d'autres services en ligne. « Notre ambition à EtriLabs, est de vendre le savoir-faire africain au monde. Nous avons l'excellence, les compétences à revendre aux autres », confie-t-il.

A ce titre, il souhaite vivement que le partenariat avec les entreprises estoniennes qui s'investissent dans le domaine soit concrétisé pour permettre aux jeunes entreprises béninoises de s'affirmer aussi sur le plan continental et mondial. Présent, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération est sidéré par ce qui se fait dans ce centre d'excellence qu'il dit avoir vu au Rwanda, mais ignorait que de jeunes Béninois innovaient de la même manière au Bénin. « C'est un honneur pour ces jeunes, et cela les conforte dans l'idée qu'ils sont sur le bon chemin », indique-t-il.